Chiens de Paille
COMME UN AIMANT
- 2000 -



Comme un aimant (3'40)
Chiens de Paille (Sako) / Bruno Coulais, Akhenaton
Disponible sur Comme un aimant


Paroles

Passion lézardée, l'érosion des années
Mes parents désarmés se séparent
La maison désormais résonne de leurs paroles désolées
Une part d'ombre est scellée
Pour ne pas rompre, esseulée
Chaque jour ma mère se bat
Elle a le monde à soulever et sur ses joues
Tant de peine me navre, goût amer
Je pars quand la foudre en elle parle
Pardon de me sauver
J'ai mal de voir ce qui m'attend, grand besoin de souffler
Pas le cran de la retrouver la tête dans les mains, en quête d'éléments,
De raisons de garder les rangs
Je suis de ceux qui traînent tard à squatter les bancs tels le fer et l'aimant
Ma vie s'fait d'ces moments où on est mieux loin d'chez soi
Moments d'éternité, l'éternité est un moment mais
On l'oublie l'un d'ces soirs où en mal d'trophées, on refait l'monde
Loin des bras d'Morphée, le coeur empreint d'c't'âme
Qu'ont les chœurs en plein stade mais peu importe le décor s'ancre
On s'installe entre stages et intérims
En soi, rien d'terrible, on stagne là où
Des p'tites filles d'ja p'tites femme charment des hommes encore
Mômes fans de Jackie Chan pendant qu'des femmes encore p'tites
Filles élèvent des mômes d'ja durs comme des hommes
J'espère en l'espoir perdu, sur les cendres d'nos sorts, qu'leurs voix innocentes
Ne s'joignent à l'ensemble des perdants qu'nous sommes
D'autres se voyant sans songe s'en vont, s'noyant dans leur sang
L'eau passe sous les ponts
Il m'semble qu'hier encore, ma mère m'embrassait sur l'front

Refrain :
J'ai pas choisi d'réduire mon monde à c'banc comme Escobar
A Medellin, c'parce qu'erre l'spleen, c'parce qu'être mine,
C'est le récit de mes nuits blanches dans la cohue déjà, communément,
Connu des gens du genre comme une légende, des gens
Collés aux bancs du genre comme un aimant

Assis, une lettre à la main, où les miens s'laissent être
Ce coin de terre maigre ou les chiens m'flairent
J'profite de l'instant la où les chemins viennent s'perdrent
Serein d'vant cette lettre dont j'sais rien
C'est peut-être tout et n'importe quoi
Mais n'rien savoir laisse une touche d'espoir rare à notre endroit
Entre autres, en bas, j'en ai marre de perdre
Cette lettre, une part d'rêve dans ce pâle réel
Un poumon quand, pour mort, mon esprit manque d'air
Que trop de marques, de peines se lisent sur ma face
La peur qu'y ait rien me harcèle, las d'errer en ville jusqu'au matin
De nouveau, vivre m'enivre, l'entrain rince mon coeur vide d'envie
Puis s'étalant sur mes lèvres, leurs coins se surélèvent
Le déçu se relève droit dans l'arène comme un roi devant sa reine et les fauves morts
Putain, j'sens resurgir d'affreux remords d'leur formol
Innocence, je rêve, cette lettre, ma charge de revanche
Quand tout s'acharnent sur les gens comme le hasard
Sur mes chances pour qu'notre passage prenne un sens
J'ai pas la hargne de naissance
J'rêve d'puiser dans ma jeunesse à grandes mains,
Qu'j'puisse prendre les bons chemins
Et n'm'brise pas, trimant comme tous triment,
Pour des miettes en guise de part mais l'rêve est mon vice
La vie s'marre quand ses fils marnent, lisant la lettre, j'réalise
Sa justice vaut autant que celle des hommes,
Aux dépends d'ceux d'ma zone.
On s'débat tous dans c'monde mais on est tous seuls, en somme, j'te jure
J'resterai qu'un arracheur d'sacs aux yeux
D'ceux dont la vie n'est autre que l'avis des autres
Je baisse pas assez la tête, peu d'idéaux mais les idées hautes
Radieux, l'ciel rend c't'enfer confortable
En fin d'comptes, quand on regarde, combien montent ?
Combien tombent ? inutile de l'dire aux gosses

Refrain



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